Saint-Martial



Date de création : 1536
Lieu des reliques : Eglise Saint-Michel des Lions
Historique
L'origine de la grande Confrérie de saint Martial remonte officiellement à 1356, date à laquelle ont été déposés les premiers statuts. Il est vraisemblable que cette confrérie devait exister avant cette date. En effet, la plus ancienne des confréries associées au culte de saint Martial était celle dite «du luminaire devant le sépulcre», qui fut fondée sous l’abbatiat de l’abbé Isembert (1174-1198). Elle avait pour objet de concourir à la garde
des reliques de saint Martial et de contribuer à la solennité de son culte.
En 1199, une autre confrérie dite des «Oboles» s’établit dans la basilique. Pendant tout le moyen âge, les confréries se multiplièrent et furent très florissantes. En 1212, on relève dans les Annales Manuscrites: « En l’année 1212, les bourgeois de Limoges firent une féerie dédiée à la Vierge et fut appelée de Notre-Dame de Saint-Sauveur, à présent dite de Saint-Martial ».

La restauration de cette antique confrérie est l’œuvre de quatorze bourgeois conduits par maître Jean Bonnet; par lettre du 29 mars 1356, ils présentent les statuts d’une association de laïcs. Ils en obtiennent l’approbation de l’autorité ecclésiale et la confirmation canonique.
Dès le mois d’août, la confrérie est réorganisée. Elle est dirigée par quatre conseillers élus pour quatre ans et deux bayles. Cette même année, le roi Jean le Bon accordait des lettres de confirmation. Puis, quand par le traité de Brétigny le Limousin fut donné au roi d’Angleterre, un lieutenant d’Édouard III, Jean Chandos accorda à son tour confirmation à la confrérie par lettres patentes du 23 décembre 1361.

Grâce à l’intervention de plusieurs personnages de marque de la cour d’Avignon, le pape Innocent VI signait en 1360 la Bulle approuvant les statuts. Le 29 mars 1624 une ordonnance épiscopale de Monseigneur Raymond de la Martonie promulgua ce nouveau règlement. Si, pour l’essentiel, ces nouveaux statuts reprennent ceux de 1356, l’esprit en diffère néanmoins, car l’influence de l’autorité ecclésiastique y est plus marquée. Mais surtout, ils énumèrent les devoirs des bayles lors des Ostensions septennales. Ceci est très
important, à cause du rang officiel reconnu à la Confrérie lors du déroulement de ces cérémonies. Désormais, dans cette mission d’honneur, ses membres se trouvent associés aux magistrats de la ville.

Malheureusement, dans le milieu du XVIIIe  siècle, la grande Confrérie fut sur le point de disparaître. L’évolution économique et sociale, l’influence de la philosophie des Lumières jouèrent un rôle dans ce déclin. Toutefois au cours de l’année 1778, un groupe d’associés soutenu par l’autorité ecclésiale redonne un nouvel élan à la Confrérie, lui permettant ainsi de tenir un rôle honorable aux Ostensions de 1778 et 1785. Elle obtient notamment le privilège de présenter le drapeau des Ostensions.

Puis survient la révolution. Une loi de 1790 supprime les associations pieuses et la grande Confrérie disparaît. Les reliques de saint Martial sont transférées de l’abbaye de Saint - Martial, qui allait être fermée, vers l’église Saint -Michel -des-Lions. La grande Confrérie de saint Martial participe à la procession solennelle de la translation des reliques le 14 décembre 1790. Pendant la révolution, le 24 janvier 1793, les châsses et reliquaires présents à Saint -Michel -des-Lions sont brisés et dispersés. Deux officiers municipaux, à l’insu l’un de l’autre, souvent providentiellement chacun une partie du chef de saint Martial.

Reconnaissance en sera faite le 7 juin 1803 par l’Évêque de Limoges.

En 1806, la grande Confrérie est reconstituée lors de la première assemblée générale du 9 mars 1806. Le 13 mars de la même année ont lieu les premières Ostensions après la révolution. L’étendard amarante à croix blanche sera hissé pour la première fois au clocher de Saint -Michel. C’est un privilège exclusif des confrères de Saint Martial d’offrir et de présenter le drapeau septennal, mais ce droit ne leur fut accordé qu’en 1778 par l’abbé de Montesquieu, abbé de Saint -Martial, après délibération du chapitre des chanoines de la collégiale. En effet, la C onfrérie des «Bayles des Ames du Purgatoire» jouissait avant cette date de ce privilège exclusif. Après la disparition de cette confrérie, reconstituée depuis, les chanoines décidèrent de conférer ce privilège aux confrères de saint Martial.

Confrérie Saint-Martial


Ce même mois, le 26, fut commandée la fabrication d’une nouvelle châsse. Celle-ci ouverte au moyen de quatre clefs détenues respectivement par l’Évêque, le Maire, le Curé de Saint -Michel -des-Lions et le premier Bayle de la grande confrérie de saint Martial.

Le 8 février 1820, l’assemblée générale approuve un nouveau règlement. Le nombre de confrères est fixé à 72 (pour rappeler les 27 disciples envoyés par Jésus). Ce sont les bayles qui dirigent, administrent et représentent la grande confrérie et non plus les conseillers.

Enfin le 15 novembre 1973 sont déposés en préfecture, les statuts de l’association selon la loi de 1901. Ces statuts sont remaniés et adaptés en 1989. Ces statuts sont remaniés et adaptés en 1989, 2000, 2003. En 2007 ils sont à nouveau revus et approuvés par l’assemblée générale extraordinaire du 8 juin 2007.

La confrérie est toujours présidée par deux bayles élus pour quatre ans rééligible sans limitation, assistés de six conseillers élus également pour quatre ans renouvelable sans limitation. Le bureau comprend en outre, sans limitation de durée de leur mandat, un secrétaire, un trésorier et un archiviste. Si la composition est statutairement de soixante douze membres, la confrérie compte aujourd’hui 68 membres. L’entrée d’un membre à la Grande Confrérie intervient après parrainage et élection. De Gilbert Vacquant, Premier Bayle, lors de la reconstitution de 1806, à Jean-Marie Barataud Premier Bayle à ce jour, quarante huit bayles se sont succédés à la tête de la Grande Confrérie de saint Martial.

La Grande Confrérie de saint Martial, fidèle à l’esprit de nos vieilles institutions nées au moyen âge, demeure un rassemblement de laïcs de situations sociales diverses animés par un même idéal.