Saint-Loup


Date de création : 
Lieu des reliques : Eglise Saint-Michel des Lions

Historique



A la date du 22 mai, les deux diocèses limousins, Limoges et Tulle, inscrivent le nom de saint Loup sur leurs calendriers.
Si nous manquons de renseignements sur la jeunesse de Loup, nos chroniques nous le présentent, à la fin du VIe  ou au début du VIIe siècle, exerçant les fonctions de custos sepulturae, sans doute supérieur des clercs chargés d’assurer les offices, les services comme l’accueil des pèlerins au sépulcre de l’Apôtre d’Aquitaine. Il était également chargé du rôle des secours dispensés par l’Église aux pauvres et aux veuves. Ses éminentes qualités développées dans l’exercice de ses charges l’avaient vraisemblablement désigné, très tôt, à l’attention du peuple limousin.

À la mort de l’Évêque Asclèpe de Limoges, Loup lui succéda.

D’après le liber, Loup se présenta à la cour sans enthousiasme, mais Dieu manifesta son choix. Pendant son séjour un miracle se produisit; le prince Caribert tomba gravement malade, l’on désespérait de le sauver. Or la reine Sichilde assista en songe à la guérison de son fils par un prêtre de Limoges qu’elle reconnut lorsque Loup fut mis en sa présence. La vision devint réalité et ainsi détermina le choix du roi. Sacré le 12 mai 614, octave du dimanche de l’Ascension, «Loup gouverna l’église de Limoges avec beaucoup de vigilance, de religion et d’amour pour la piété». n’oublions pas non plus, qu’à cette époque troublée l’Église représente la seule institution stable capable de s’opposer aux abus des puissants, qu’ils soient grands seigneurs ou même gens du roi. Tout en poursuivant l’œuvre d’évangélisation de saint Martial et de ses successeurs, conscient de ses devoirs, sa détermination à assurer la protection du troupeau à lui confié par la Providence divine, le rendront digne d’accéder à la sainteté.

En sa qualité d’Évêque de Limoges, Loup contresigna la charte de fondation du Monastère de Solignac, le 22 novembre 631, aux côtés de plusieurs évêques et de saint Éloi encore laïque à cette époque. Nous avons là le seul document de son épiscopat qui soit parvenu jusqu’à nous. Rappelé à Dieu le 22 mai 632, Loup sera enseveli à proximité du sépulcre dont il avait longtemps assuré la garde. Son corps sera élevé de son tombeau par Gérard II Évêque de Limoges (1139-1177) le 6 septembre 1158.

Sur cette époque, nous devons à Geoffroy du Breuil, plus connu sous le nom de Geoffroy de Vigeois(+1185), moine ayant séjourné à Saint -Martial de Limoges, contemporain des informations consignées dans sa chronique, source importante pour notre histoire: «À cette époque on releva de son sépulcre le corps de saint Loup, ancien Évêque de Limoges pace que l’on réparait les murailles de l’église de Saint-Martial. Il y eu alors dans cette ville une grande affluence de peuple accouru au bruit des nombreux miracles que le seigneur daigna faire éclater par l’intercession de ce prélat «…» ce saint fit un grand nombre de miracles à Limoges au commencement du règne de Henri, roi d’Angleterre, fils de Geoffroy comte d’Anjou »,c’est à dire vers 1155. Ce contexte particulier, inauguré quelques années auparavant, aura sans doute, entraîné la fondation de la Confrérie de saint Loup en 1153.

Dès l’élévation des restes sacrés de saint Loup, son chef glorieux est placé dans « une châsse décrite comme décorée d’émaux et de cuivre » déposée dans un sanctuaire dédié à l’archange Michel sur l’emplacement duquel s’élève, depuis le XIVe  siècle l’actuelle église Saint -Michel -des-Lions. Dès cette date le siège canonique de la confrérie, établi, tout d’abord à Saint -Martial de Limoges, est définitivement fixé à Saint -Michel.

En dehors de Limoges, saint Loup est particulièrement honoré au diocèse de Tulle, à Albignac, Chatrier, Chenailler, Estivaux, Eygurande, Saint Jal, Lamongerie, la Chapelle des Plas; La Chapelle Aubareil, Eybennes, Gandumas, Marsalès et Saint -Germain de Belvès dans le diocèse de Périgueux où l’on fête également ce saint pasteur à Nojals et Saint -Amand de Coly.


Par son testament du 10 juin 1634, un prêtre de la paroisse Saint -Michel -des-Lions nommé Jabraud avait légué une somme de 600 livres «pour ayder couvrir et remestre la châsse ou repose le chef de Mr saint Loup dans la dite église de Saint -Michel, d’une lame d’argent pour l’honneur et la gloyre de Dieu et l’embellissement de la dite châsse », mais on préféra, pour la somme de 2500 livres une nouvelle réalisation, sans doute plus conforme au goût de l’époque. Cette seconde châsse « couverte d’argent et piliers dorés, de bel ouvrage» réalisée à Paris par les orfèvres Claude de Villiers et Pierre Célière, ce dernier originaire de Limoges entra en service en 1645, pour disparaître, son précieux dépôt heureusement sauvé, en 1793, victime de la barbarie révolutionnaire. 

Rendue à la vénération des fidèles en 1803 par ordonnance de Mgr Dubourg, l’insigne relique occupera un reliquaire paroissial partagé avec le chef de saint Didier, mais, en 1918 la confrérie fera exécuter, à l’occasion des ostensions, par la maison Valéry et Pastier, à Limoges, un reliquaire pédiculé, enrichi d’émaux dus au talent du maître émailleur Paul Bonnaud (1873/1953) professeur à l’école nationale d’art décoratif de Limoges. Les émaux de la partie supérieure représentent saint Loup, saint Martial, saint Aurélien et saint Éloi. Quatre émaux flammés ornent la partie inférieure. La même année le Premier Bayle offrit à la confrérie l’actuelle châsse de saint Loup en forme de chapelle gothique, œuvre originale de Dom Marcel Brasseur, ancien élève de l’école d’art Saint -Luc de Bruxelles, moine de Ligugé séparé par la guerre de sa communauté exilée en Belgique où elle demeurera jusqu’en 1922. Le R.P.Brasseur ayant dessiné la châsse assurera son ornementation en y peignant, sur cuivre, sainte Valérie, saint Martial, saint Alexandre patron du donateur, sainte Jeanne d’Arc, le sacré cœur et la Sainte Vierge. Le toit couvercle est orné de médaillons aux armes des Papes Pie IX, Léon XIII et Benoît XV, de Mgr Renouard, et Mgr Quillet, Évêques de Limoges, de la ville de Limoges, surmontant un listel daté de 1918, et du premier Bayle Alexandre Maupetit (1846/1927).

La Confrérie de saint Loup, regroupant des hommes de foi, attachés, tant à son identité limousine qu’aux nobles traditions de l’église de Limoges, maintient et honore la mémoire de son saint patron, tant par des cérémonies que par la diffusion de son histoire et son enseignement. Elle représente un lieu privilégié de solidarité, de convivialité, de rencontre, de fraternité et d’union par une même foi, regroupée autour de so drapeau d‘or à croix blanche ou s’inscrit la célébre devise toujours actuelle «In hoc signo vincès ».