Saint-Aurélien

Date de création : 1791
Lieu des reliques : Chapelle Saint-Aurélien
Historique
Limoges qui se nommait alors Augustoritum, fut évangélisée au IIIe siècle par saint Martial, qui en devint le premier Évêque. Selon la légende, dans l’exercice de son ministère, Martial s’opposa à Aurélien Cotta, prêtre des divinités païennes, qui avait été envoyé par l’empereur en Aquitaine afin de combattre les progrès du christianisme. Limoges était particulièrement concernée par cette mission, car, grâce à Martial, la religion du Christ
se répandait rapidement. Aurélien fut converti et devint un ardent propagateur de la foi nouvelle.
A la mort de Martial, il fut élu son successeur et devint ainsi le deuxième Évêque de Limoges.

Origine du culte

Par la suite, les restes du saint furent transportés dans l’église paroissiale saint Cessateur, située hors des murailles de la ville, mais dont une partie du territoire se trouvait à l’intérieur des remparts. En 1315, au cours de travaux effectués dans l’église, on releva les restes du saint et on les mit en sécurité dans la chapelle de la rue Torte, dédiée à saint Léonard.
En 1475, celle-ci, vieillissante est remplacée par un nouvel édifice, dédié, lui, à saint Aurélien.

La corporation des bouchers

La tradition rapporte que la fondation de la corporation des bouchers remonte à 930. La corporation avait trois objectifs :
  • Veiller au bon fonctionnement de la profession de boucher, en réglant les litiges qui
  • pouvaient survenir entre eux.
  • Contrôler l’hygiène des lieux et la qualité sanitaire des viandes.
  • Servir de caisse de secours mutuel, en palliant les aléas de la vie de ses membres.

A la fin du XIIe  siècle, désirant se fixer au plus près de leur clientèle, les bouchers s’installèrent
«rue Torte». C’est l’actuelle rue de la Boucherie.

En 1315, les reliques de saint Aurélien sont relevées à l’église saint Cessateur. C’est à cette occasion que Monseigneur Régnault de la Porte accorde aux bouchers, déjà regroupés en corporation, le privilège de se constituer en confrérie. Celle-ci prenait pour nom « saint -Aurélien».

En 1791 la loi Le Chapellier supprime définitivement les corporations. La solidarité professionnelle va se retrouver au sein de la confrérie qui subsiste et va vivre la période révolutionnaire de façon clandestine.

Deux événements vont contribuer à cristalliser cette communauté:
  1. L’achat de la chapelle de saint Aurélien, devenue «bien national», par deux confrères, Barthélémy Cibot et Maurice Malinvaud, le 11 germinal an III (1795). Ils agissaient en vertu d’une délégation secrète de tous les bouchers.
  2. Le chef (le crâne) de saint -Aurélien fut conservé secrètement et honoré au domicile d’un autre confrère, Audoin Malinvaud dit « le Petit ». Il est à noter que personne ne le dénoncera.


Le 11 thermidor an VI (3 juillet 1798), les chefs de famille se réunissent en l’étude de Maître Thoumas et les acquéreurs déclarent que la chapelle et ses dépendances ont été acquises comme biens nationaux au nom de la confrérie et qu’elles sont pour toujours la propriété de la Confrérie de saint Aurélien.

Le 27 mai 1827, les chefs de familles se réunirent en l’étude de Maître Baju.
Ils confirment l’acte précédant et décident des modalités d’entretien de la chapelle. Voilà pourquoi nous sommes ici dans la seule chapelle privée de la ville ouverte au public.

Aujourd’hui, la confrérie comprend une quarantaine de membres qui exercent des postes de responsabilité ou occupent des emplois dans différentes branches professionnelles. Il ne reste, parmi les confrères, que peu de bouchers encore en activité. Elle se consacre à promouvoir le culte de saint Aurélien et à assurer une œuvre sociale non négligeable :
  • Entretien et la promotion de la chapelle qui abrite ses reliques.
  • Organisation de cérémonies religieuses et participation à celles qui sont organisées pour le culte des saints du Limousin. Messe dominicale.
  • Ostensions septennales et fêtes des différentes confréries existant dans le diocèse.
  • Participation à la journée annuelle de la maintenance des pénitents de langue d’Oc, etc… Ces différentes taches sont accomplies grâce à l’aide du curé de la paroisse de saint -Michel et des pères franciscains qui font office d’aumôniers.
  • Soutien de ses membres dans le besoin.
  • Dons financiers à différentes œuvres caritatives.
  • Aide matérielle à une communauté de Ouahigouyia au Burkina-Faso.
  • 2008: ouverture. La confrérie devient mixte.